Évaluation des RPS

Évaluer les risques psychosociaux avec vos équipes et les intégrer à votre Document Unique, selon la méthode de l'INRS.

Votre Document Unique recense les chutes, le bruit, les produits chimiques. Mais la charge qui déborde, les horaires qui empiètent sur la soirée, le service où l'on ne se parle plus : où sont-ils écrits ? Le jour où un salarié s'arrête pour épuisement, c'est cette page-là que l'on cherchera dans votre DUERP.

Les risques psychosociaux (RPS) font partie des risques que l'employeur doit évaluer et inscrire au Document Unique. INNOPREV les évalue avec vos équipes selon la méthode de l'INRS (brochure ED 6403, outil RPS-DU) : 26 facteurs répartis en 7 familles, un score lisible par unité de travail et un plan d'actions prêt à intégrer à votre DUERP.

Faut-il évaluer les risques psychosociaux dans le DUERP ?

Oui. L'employeur doit protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L. 4121-1 du Code du travail), planifier la prévention en y intégrant notamment les risques liés au harcèlement moral et sexuel (article L. 4121-2) et transcrire les résultats de son évaluation dans le Document Unique (article R. 4121-1). Les RPS sont des risques professionnels comme les autres : ils s'évaluent et s'inscrivent au DUERP.

Contrairement au bruit ou au risque chimique, ils sont potentiellement présents dans toutes les situations de travail. Selon l'INRS, même une entreprise qui pense ses salariés épargnés doit faire l'inventaire des facteurs de risque : seule cette évaluation permet de conclure à leur absence.

ObligationCe que cela implique pour les RPS
ÉvaluationInventaire des facteurs de RPS et des conditions d'exposition, unité de travail par unité de travail
TranscriptionRésultats inscrits dans le DUERP, au même titre que les autres risques
Mise à jourAu moins une fois par an à partir de 11 salariés, et à chaque changement important d'organisation
Suites donnéesPAPRIPACT à partir de 50 salariés, liste des actions de prévention en dessous
ConservationChaque version du DUERP conservée au moins 40 ans
Dialogue socialLe CSE est consulté sur l'évaluation et peut proposer des mesures de prévention

Que recouvrent les risques psychosociaux ?

Les risques psychosociaux désignent trois situations de travail : le stress, les violences internes (tensions, conflits exacerbés, harcèlement moral ou sexuel) et les violences externes (insultes, incivilités, agressions). Ils naissent de l'activité elle-même ou de l'organisation et des relations de travail.

  • Pour les salariés : épuisement professionnel (burnout), anxiété, dépression, maladies cardiovasculaires, troubles musculosquelettiques.
  • Pour l'entreprise : absentéisme, turnover, baisse de la productivité, démotivation des équipes, atteinte à l'image.

C'est pourquoi l'évaluation porte sur les facteurs de risque, c'est-à-dire sur le travail et son organisation, et jamais sur la personnalité ou la vie privée des salariés.

Quels facteurs de risques psychosociaux évalue-t-on ?

La grille RPS-DU de l'INRS examine 26 facteurs, regroupés en 7 familles issues du rapport du Collège d'expertise sur le suivi des risques psychosociaux au travail (rapport Gollac, 2011). Chaque facteur fait l'objet d'une question posée au groupe de travail.

Famille de facteursFacteurs évalués
Intensité et complexité du travailRythmes de travail, précision des objectifs, adéquation des objectifs avec les moyens, instructions contradictoires, polyvalence subie, interruptions, attention et vigilance (7 facteurs)
Horaires de travail difficilesDurée hebdomadaire, horaires atypiques, disponibilité hors horaires, prévisibilité des horaires, conciliation vie professionnelle et vie personnelle (5 facteurs)
Exigences émotionnellesTensions avec le public, confrontation à la souffrance d'autrui, maîtrise des émotions (3 facteurs)
Faible autonomie au travailAutonomie dans la tâche, autonomie temporelle, utilisation et développement des compétences (3 facteurs)
Rapports sociaux au travail dégradésSoutien des collègues, soutien de la hiérarchie, désaccords professionnels, reconnaissance dans le travail (4 facteurs)
Conflits de valeursQualité empêchée, travail inutile (2 facteurs)
Insécurité de l'emploi et du travailInsécurité socio-économique (emploi, salaire, carrière), conduite du changement dans l'entreprise (2 facteurs)

Comment se déroule l'évaluation des RPS avec INNOPREV ?

L'évaluation suit les cinq étapes de la démarche INRS. Elle repose sur des entretiens collectifs par unité de travail : la grille RPS-DU est un guide d'entretien, pas un questionnaire à remplir chacun de son côté.

  1. Préparer : règles de la démarche écrites et validées avec la direction et le CSE, choix des unités de travail, recueil des indicateurs déjà disponibles (absentéisme, turnover, accidents du travail, inaptitudes, recours à l'intérim, postes vacants, alertes du médecin du travail).
  2. Évaluer : nous animons un entretien collectif dans chaque unité de travail, 2 à 4 heures avec une douzaine de participants au plus. Chaque facteur est discuté à partir de situations concrètes, puis coté d'un commun accord.
  3. Construire le plan d'actions à partir de la synthèse, des propositions des groupes, des échanges avec l'encadrement et en CSE.
  4. Mettre en œuvre : actions, responsables, échéances et budget, pilotés par la direction avec des points réguliers en CSE.
  5. Suivre et réévaluer : suivi des actions et des indicateurs, nouvelle évaluation chaque année pour mettre à jour le DUERP.

Pendant les échanges, la parole des salariés est protégée : propos anonymisés, confidentialité partagée par les animateurs et les participants, aucun jugement sur les personnes ni recherche de responsables. Les managers sont réunis dans une unité de travail qui leur est propre, pour que chacun puisse parler librement de son travail réel.

Écran d'évaluation de l'application RPS-DU : le facteur « Conduite du changement dans l'entreprise » coté de 1 à 4 pour une unité de travail
L'évaluation dans l'application RPS-DU : chaque facteur est coté par le groupe sur une échelle de 1 à 4, avec les situations de travail évoquées et les pistes d'amélioration.

Comment les facteurs de RPS sont-ils cotés ?

Chaque facteur reçoit une note de 1 (situation favorable) à 4 (risque élevé), selon le degré ou la fréquence d'exposition constatés par le groupe. Comme le prévoit l'outil de l'INRS, la gravité des conséquences n'est pas cotée : elle est trop difficile à estimer a priori pour les RPS.

NoteNiveau d'intensitéCe que cela signifie
1Non concerné ou situation favorableUne ressource à préserver
2FaibleExposition ponctuelle, à surveiller
3ModéréExposition fréquente, des actions sont nécessaires
4ÉlevéExposition permanente, des actions sont prioritaires

Quand les avis divergent, la raison est notée : deux métiers différents dans la même unité, une expérience inégale… Cette divergence signale souvent une situation de travail à faire évoluer.

Quels résultats obtenez-vous à l'issue de l'évaluation ?

Les cotations sont consolidées dans l'application RPS-DU d'INNOPREV en résultats lisibles par la direction, l'encadrement et le CSE :

  • un score global RPS et un niveau de vigilance en vert, jaune, orange ou rouge ;
  • un score par famille de risques, pondéré par l'effectif de chaque unité de travail ;
  • les priorités : les familles en orange ou en rouge désignent où agir en premier ;
  • un détail par unité de travail, pour cibler les services les plus exposés ;
  • un rapport PDF à intégrer directement à votre DUERP.

Comment passer de l'évaluation au plan d'actions ?

Pour chaque facteur coté « modéré » ou « élevé », le plan d'actions reprend le niveau évalué, les situations de travail évoquées et la prévention déjà en place, puis fixe l'action retenue, son responsable et son délai. L'employeur valide le plan après échanges en CSE et l'inscrit au PAPRIPACT ou à la liste des actions de prévention du DUERP.

Plan d'action par unité de travail dans l'application RPS-DU : facteur, niveau de risque, actions existantes, action retenue, délai et responsable
Le plan d'action d'une unité de travail : pour chaque facteur, le niveau de risque, la prévention existante, l'action retenue, l'échéance et la personne chargée de la réaliser.

Les priorités se choisissent selon les critères de l'INRS : agir sur les causes profondes plutôt que sur les symptômes, privilégier les mesures durables et applicables à plusieurs situations, peser le délai et le coût, et vérifier qu'une action ne déplace pas le risque vers une autre équipe. Les facteurs se cumulent : une forte intensité de travail pèse davantage quand l'autonomie est faible, beaucoup moins quand le soutien de l'équipe est solide.

Vue consolidée des actions RPS : description, responsable, échéance et statut à faire, en cours ou terminé
La vue consolidée des actions : chaque action a un responsable, une échéance et un statut (à faire, en cours, terminé).

Comment mesurer les progrès d'une année sur l'autre ?

En menant chaque année une nouvelle campagne avec les mêmes unités de travail et les mêmes 26 facteurs. Les résultats deviennent comparables : vous voyez l'effet des actions engagées, famille par famille, et vous repérez tôt la dégradation d'un service. Cette réévaluation alimente la mise à jour annuelle du DUERP, obligatoire à partir de 11 salariés.

Famille de risquesAnnée 1Année 2Année 3
Intensité et complexité du travail2,572,302,00
Faible autonomie au travail3,002,502,10
Rapports sociaux dégradés2,502,201,90
Insécurité de l'emploi et du travail4,003,202,40
Score global RPS2,462,201,90

Exemple de suivi sur trois ans, données illustratives.

Après une première évaluation complète, la mise à jour commence par les unités où l'exposition était la plus forte, celles qui ont connu une alerte ou une atteinte à la santé, et celles dont l'organisation a changé.

Qui participe à l'évaluation des risques psychosociaux ?

  • L'employeur reste seul responsable de l'évaluation : il porte la démarche, en donne les moyens et valide le plan d'actions.
  • Les personnes ressources internes (ressources humaines, responsable HSE, animateur sécurité) apportent les indicateurs et suivent les actions.
  • Le CSE est consulté sur l'évaluation, peut proposer des mesures de prévention et suit leur mise en œuvre.
  • Les salariés participent aux groupes de travail de leur unité : ce sont eux qui connaissent le travail réel.
  • INNOPREV anime l'évaluation, restitue les résultats et construit le plan d'actions avec vous.

Si l'évaluation fait apparaître une situation critique (un salarié en grande difficulté, un conflit enkysté), elle est traitée à part, dans un temps dédié, et non au sein du groupe de travail.

INNOPREV évalue-t-il les RPS dans les entreprises de moins de 50 salariés ?

Oui. INNOPREV évalue les risques psychosociaux quel que soit l'effectif : l'obligation de les évaluer et de les inscrire au Document Unique s'applique dès le premier salarié.

L'INRS a conçu l'outil RPS-DU pour les entreprises de plus de 50 salariés et propose un outil plus léger, Faire le point RPS, pour les plus petites. Dans une petite structure, l'évaluation s'adapte à la taille de vos équipes : moins d'unités de travail, des groupes plus réduits, et le même résultat final, des risques inscrits au DUERP et une liste d'actions de prévention.

L'évaluation des RPS complète la réalisation de votre DUERP : elle s'appuie sur le même découpage en unités de travail, et ses résultats rejoignent le même document et le même plan d'actions.

Comment démarrer ?

  1. Nous faisons le point sur votre situation : effectif, DUERP existant, indicateurs disponibles, unités de travail.
  2. Nous posons avec vous les règles de la démarche et les présentons au CSE.
  3. Nous animons les entretiens collectifs, unité de travail par unité de travail.
  4. Nous vous remettons les résultats et le plan d'actions, prêts à intégrer à votre DUERP.
  5. Chaque année, nous réalisons l'évaluation de suivi pour mesurer l'évolution.

Questions fréquentes

Oui. L'employeur doit protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L. 4121-1 du Code du travail) et transcrire les résultats de l'évaluation de tous les risques professionnels dans le Document Unique (article R. 4121-1). Les risques psychosociaux en font partie : ils doivent être évalués et inscrits au DUERP.

L'outil RPS-DU, décrit dans la brochure INRS ED 6403, est une grille d'évaluation de 26 facteurs de risques psychosociaux répartis en 7 familles : intensité et complexité du travail, horaires difficiles, exigences émotionnelles, faible autonomie, rapports sociaux dégradés, conflits de valeurs, insécurité de l'emploi et du travail. Il comprend aussi un tableau de synthèse et un tableau de suivi des actions.

Non. La grille RPS-DU sert de guide à des entretiens collectifs organisés par unité de travail. Chaque facteur est discuté à partir de situations concrètes de travail, puis coté d'un commun accord par le groupe. Ce n'est pas un questionnaire à remplir individuellement et à distance.

L'INRS recommande de prévoir 2 à 4 heures d'échanges par unité de travail, en une ou deux séances, avec une douzaine de participants au plus pour que chacun puisse s'exprimer.

Chaque facteur reçoit une note de 1 à 4 selon le degré ou la fréquence d'exposition : 1 pour une situation favorable à préserver, 2 pour un niveau faible, 3 pour un niveau modéré, 4 pour un niveau élevé. La gravité des conséquences n'est pas cotée, car elle est difficile à estimer a priori pour les RPS.

Oui. Les propos sont anonymisés dans la synthèse, la confidentialité s'impose aux animateurs comme aux participants, et l'évaluation porte uniquement sur le travail et son organisation, jamais sur la personnalité ou la vie privée des salariés. Les managers sont réunis dans une unité de travail distincte pour faciliter l'expression.

Le CSE est consulté sur l'évaluation des risques et la mise à jour du DUERP. Il peut proposer des mesures de prévention, que l'employeur doit motiver s'il les refuse, et il suit la mise en œuvre du plan d'actions. Il peut aussi être associé à la définition des règles de la démarche.

Pour chaque facteur coté modéré ou élevé, le plan d'actions reprend le niveau de risque, les situations de travail évoquées et la prévention existante, puis précise l'action retenue, la personne chargée de la réaliser, l'échéance et le statut de l'action. Il s'intègre au PAPRIPACT à partir de 50 salariés, ou à la liste des actions de prévention du DUERP en dessous.

Le DUERP doit être mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins 11 salariés, et lors de tout changement important d'organisation. Une évaluation de suivi annuelle, avec les mêmes unités de travail et les mêmes 26 facteurs, permet de comparer les résultats et de mesurer l'effet des actions.

Oui. INNOPREV évalue les risques psychosociaux quel que soit l'effectif, car l'obligation de les évaluer et de les inscrire au DUERP s'applique dès le premier salarié. L'INRS a conçu l'outil RPS-DU pour les entreprises de plus de 50 salariés et propose un outil plus léger, Faire le point RPS, pour les plus petites ; l'évaluation s'adapte alors à la taille des équipes et débouche sur une liste d'actions de prévention consignée dans le DUERP.